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Recours abusif à la chirurgie esthétique : l’Iran menace les patients de prison et de flagellation

Posted in : chirurgie esthetique visage on by : Espoir clinique

L’essor de la chirurgie esthétique en Iran n’est visiblement pas du goût de ses dirigeants. Malgré de nombreuses restrictions, le gouvernement iranien fait face depuis quelques années à une recrudescence des interventions de chirurgie plastique. Afin d’y mettre un terme, le parlement vient de voter une loi qui condamne sévèrement les actes de chirurgie esthétique « extrême ».

L’Iran est une destination privilégiée pour la chirurgie plastique et réparatrice

Au fil des ans, la terre des mollahs s’est forgée une renommée mondiale pour la chirurgie plastique. Au début, elle attirait des patients qui venaient surtout des pays voisins, là où les conflits armés sont légion. Puisque l’Iran possède une meilleure infrastructure médicale et des chirurgiens compétents, les blessés de guerre y affluaient pour traiter les mutilations du visage et du corps. Devant ce succès, l’Etat iranien mène une politique qui encourage le tourisme médical. Il met l’accent sur la formation des médecins spécialisés et travaille à améliorer les conditions de séjour des patients étrangers.

La rhinoplastie est l’intervention esthétique la plus pratiquée en Iran

Malgré sa réputation de pays conservateur, l’Iran affiche le taux de rhinoplastie par habitant le plus élevé au monde. A cause de certaines spécificités culturelles (port obligatoire du voile intégral, rivalité et jalousie, imitation des canons esthétiques occidentaux…), les femmes persanes prêtent une attention particulière à leur nez, à la limite de l’obsession collective. Parallèlement, certains chirurgiens plasticiens d’Iran sont devenus des références mondiales pour la chirurgie esthétique du nez.

Le parlement iranien veut interdire la chirurgie esthétique extrême

Bien qu’elle montre quelques signes d’ouverture depuis l’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani, la République islamique d’Iran semble toujours aussi inflexible sur les libertés individuelles. En effet, une commission parlementaire vient de faire voter une loi interdisant la chirurgie esthétique excessive. Les interventions prohibées par la nouvelle loi sont celles qui visent à obtenir un look particulièrement extravagant… A savoir : les oreilles d’elfe, les lèvres trop gonflées, la peau blanchie à l’excès… Autant de modifications extrêmes jugées « incompatibles avec la tradition islamique », et qui menacent la « cohésion de la société iranienne ». Les opérations de chirurgie esthétique et réparatrice les plus courantes (plastie des seins, liposuccion, rhinoplastie, abdominoplastie…) ne sont pas concernées par cette interdiction.

Des interventions esthétiques passibles de 10 mois de prison et 75 coups de fouets

En Iran, les adeptes la chirurgie plastique extrême et des relookings spectaculaires savent désormais à quoi s’en tenir. Ces patients trop zélés s’exposent à de lourdes sanctions, qui peuvent aller jusqu’à une peine en prison et des coups de fouets. De même, les chirurgiens qui proposent ce genre d’opérations risquent d’être traduits en justice et destitués de leur licence médicale. En outre, la nouvelle réglementation prévoit de sanctionner tout établissement sanitaire ou clinique de chirurgie esthétique qui autorise ce genre d’interventions dans ses salles opératoires.

Par la voix de son porte-parole, la commission parlementaire à l’origine de cette nouvelle législation menace les coupables de 2 à 10 mois d’incarcération et 75 coups de fouets. Les députés qui ont voté cette loi défendent une « mesure de bon sens » face à la prolifération de « standards de beauté occidentale ».

La chirurgie plastique est encore mal encadrée en Iran

A Téhéran, on recense à peine 200 chirurgiens plastiques sous licence. Jouissant pour la plupart d’une renommée internationale, ceux-ci opèrent principalement des patients étrangers ou des Iraniens fortunés. Par conséquent, la patientèle moins aisée doit chercher son bonheur ailleurs. Face à la demande grandissante de chirurgie et autres soins esthétiques, un business juteux s’est alors mis en place. Des centaines de médecins non-spécialistes en profitent pour opérer les patients à moindres frais, parfois dans des conditions déplorables. On s’en doute bien : le résultat de l’intervention esthétique dans ces cas est rarement à la hauteur. D’ailleurs, tous les ans, des dizaines de clichés montrant des chirurgies ratées font le tour d’Internet.

Face au boom de la chirurgie esthétique, parfois abusive, les mesures répressives du gouvernement iranien suscitent l’inquiétude. On ne saurait dire s’il s’agit d’une mesure nécessaire ou d’une énième atteinte aux libertés individuelles…